Hope for Syria

Catégories Autres, Syrie

Trois années d’horreur, plus de 150.000 morts et des millions de réfugiés, la Révolution syrienne a disparu sous les coups de la guerre. Les victimes s’accumulent dans un tourbillon de violence, d’images et de chiffres. Les visages s’estompent, les rires des enfants font place au fracas des armes.

Collage Hope for Syria © www.yannmacherez.comCollage Hope for Syria © www.yannmacherez.com

« Hope for Syria » est un triptyque pour trois années d’espoirs déçus, de vies brisées. A travers des sourires d’enfants des camps d’Atmeh et de Zaatari, notre volonté est de démontrer que malgré la barbarie et les bombardements, malgré le dénuement et l’enfermement dans les camps, l’espoir demeure toujours.
Le message est simple, en trois langues : « Espoir pour la Syrie ». L’essentiel est de le faire vivre, dans la rue, face au regard des passants. L’installation du collage s’est déroulée dans la nuit du 20 au 21 mars 2014, jour de Newroz et aussi début du printemps.
L’art ne change pas le nombre de morts, l’art n’attendrit pas les bourreaux, mais il peut favoriser la réflexion, empêcher l’oubli.

Des photographies de Florian Seriex et Ammar Abd Rabbo et une conception graphique d’Ahmad Ali. Visible en face du 48 rue Saint-Sébastien dans le XI° à Paris.

Pourquoi avoir pris part à ce projet ?
Ahmad Ali : « Quand Florian m’a proposé ce projet avec enthousiasme, je n’avais aucune raison de ne pas y participer pas, parce que l’idée essentielle du projet est de mettre en évidence la situation des enfants syriens refugiés. L’œuvre, installée dans la rue, est destinée à tous les publics, et souhaite également casser les barrières de la langue grâce à un message simple à la fois en arabe, en français et en anglais. Pour moi, ce moyen de s’exprimer a une influence importante sur le public, une influence qui dépasse le cadre des médias et tend à toucher le spectateur en profondeur. »

Ammar Abd Rabbo : « Parce qu’il ne pouvait pas en être autrement ! Dès que Florian m’a proposé d’y participer, je ne me voyais pas refuser. En tant que journaliste, je me plains régulièrement du manque d’espace accordé aux Syriens dans la presse. De plus en plus, on ne parle de la Syrie que par le biais des « djihadistes » ou des factions armées, aussi un projet qui mette en avant des civils, les enfants, qui expose leur « bonne tête », ne pouvait que me plaire. J’aime ce projet, j’aime l’idée que les sourires des petits Syriens viennent questionner ou étonner le passant parisien. C’est à nous, les citoyens, les libres, chacun à sa façon, d’apporter une contribution, même modeste, pour éviter que l’on oublie les Syriens et leurs souffrances… »

Florian Seriex : « La barrière des 1000 jours depuis le début de la Révolution syrienne allait être franchi lorsque l’idée de ce projet a vu le jour. Au départ simple collage de photos, il a pris corps au fil des rencontres. Ahmad a posé son regard de graphiste, questionnant la simple dimension photographique de l’œuvre. Ammar m’a soumis ses clichés et ensemble nous avons souhaité mettre en avant les principales victimes du conflit syrien, les enfants. Ces enfants sont au cœur d’une guerre qui a fait plus de 150.000 morts, causant le déplacement de millions de personnes. Ces enfants sont à la fois les victimes les plus terribles du conflit et demeurent le plus grand espoir de la Syrie. Ces enfants nous ont offert leur temps et leurs sourires dans les camps d’Atmeh et de Zaatari et nous souhaitions, à notre tour, montrer aux passants qu’au delà des bombes, l’espoir existe, et qu’il réside souvent dans le sourire d’un enfant. »

– Biographie

Ahmad ALI est un artiste visuel d’origine syrienne. Il vit et travaille à Paris. Dès le début de la révolution syrienne toutes ses productions sont consacrées à ce sujet. Il a participé à de nombreux évènements (colloques, expositions, livres) qui traitent l’art contre la guerre en Syrie.

http://ahmadali.net/

Ammar Abd Rabbo est journaliste, photographe, né à Damas, en Syrie, et ayant vécu en Libye, au Liban puis en France. Il travaillé pour les publications les plus connues et dans des pays et des langues très différentes.

– Depuis le début de la Révolution syrienne, il s’est rendu quatre fois dans son pays natal, avec la volonté de montrer une autre image de la Syrie, en mettant en lumière des aspects délaissés par la plupart des médias car pas assez ‘racoleurs’, comme l’art, les graffitis sur les murs d’Alep, les tentatives de sauvegarde du patrimoine de la ville. “Je m’efforce de faire des photos de la vie plutôt que de la mort”, déclare-t-il à son retour d’Alep en juillet 2014.

http://ammar.photoshelter.com/

Florian Seriex travaille pour Action contre la Faim. Journaliste de formation, il a vécu 18 mois en Syrie, y passant les premiers mois d’une Révolution qui l’a profondément marqué. Il s’efforce désormais de sensibiliser le public à la tragédie qui se déroule à quelques milliers de kilomètres de nous.

Un grand merci à Yann Macherez pour les photographies du collage.

Sur le web :

Al Arabiya

Al Arabiya

Rozana.fm

Florian Seriex is a French photojournalist currently based out of Amman, Jordan and is represented by SIPA Press. He moved to Amman in October 2014 and is the Regional Communication Advisor with international NGO Action against Hunger. He was previously based in Iraqi Kurdistan and Syria.