« La Syrie est là, juste de l’autre côté de la montagne »… L’oeil se perd dans la roche, comme à la recherche d’un cailloux familier, souvenir d’une époque lointaine où l’on vivait en paix. Mais aujourd’hui, le quotidien c’est l’exil et la vie dans ce camp où les tentes s’entassent dans le froid et la misère. Au bord d’une route en construction, des dizaines de familles ont trouvé refuge.

De son œil valide, Abu Abbas fixe le cendrier posé sur la natte. Un jeune garçon autiste court autour de lui dans la tente. A sa droite, une fenêtre a été découpée dans la plaque d’aggloméré qui fait office de mur. Elle laisse passer un faible soleil, venu chasser les lourds nuages chargés de pluie de la veille.